Ce putain de web 2.0 va-t-il enfin crever ?
Par didouche le mardi, décembre 23 2008, 12:43 - bla-bla - Lien permanent
Sous ce titre racoleur qui semble n’avoir pour but qu’un référencement accru par google de ce pauvre blog sinistré afin qu’il soit pris d’assaut par tout ce que cette planète compte de geeks se cache en fait une question fondamentale qui me taraudait l'esprit depuis plusieurs jours et, obnubilant mes nuits, m'empêchait ainsi de profiter d'un repos que le travail harassant au sein de l'éducation nationale nécessite afin de ne point sombrer dans un profond état de dépression dont le résultat est souvent la défenestration par grappes de quinze de ces jeunes illettrés gavés de star académy et autres programmes débilitants afin qu’ils comprennent un peu mieux les lois de la pesanteur, aussi décidais-je de m'en ouvrir à ma boulangère que je surnomme affectueusement la dame aux grosses miches, d’une part pour la faire chier car je dois bien admettre que je ne peux pas la blairer et d’autre part parce qu’en cette fin d’année qui en annonce fatalement une nouvelle j’ai pris la résolution de ne plus pratiquer qu’un humour raffiné et de bon gout.
Désignant vaguement d'un signe de la main la baguette dont je prévoyais de me sustenter, je m'enquerrais auprès de la vendeuse sus-citée de son opinion sur la question: "Vous en pensez quoi du web 2.0 ?".
La réponse ne se fit pas attendre: "c'est 1,30 euro".
Que conclure de cette première approche ?
Tout d'abord que ma boulangère n'est pas une flèche. Cela étant, ce n’est pas vraiment une grosse surprise.
La deuxième chose que l'on peut conclure est que le pain a vachement augmenté. J’attirais d'ailleurs son attention sur ce point d'une manière que je voulais suffisamment explicite tout en conservant ce ton raffiné, sobre et de bon aloi forgé par de nombreuses années d’une éducation religieuse intransigeante qui m’apprit que nous sommes tous frères et qui m’enjoignit d’aimer mon prochain comme moi-même bien qu’en ce qui concerne la boulangère, j’avoue avoir un peu de mal.
« Euh, dis donc connasse, tu te fout de ma gueule ? ».
« non » osa-t-elle répondre, sur un ton qui sans être totalement irrespectueux n’était pas complètement dénué d’une certaine insolence.
Réfrénant à grand peine l’envie de lui encastrer la tête dans l’appareil à carte bleue, je l’interrogeais de façon subtile et feutrée sur les raisons d’une telle hausse :
« Dis donc connasse, le pain il a vachement augmenté, non ?........ quand même"
« Ah ben oui mais non, c'est parce que c'est un pain spécial" me répondit-elle avec une légère pointe de condescendance.
Car maintenant il existe des pains spéciaux. Pour les blaireaux qui ne foutent jamais les pieds chez le boulanger j’explique: les pains spéciaux sont à la boulangerie ce que les effets du même nom sont au cinéma: Ils coutent la peau des couilles.
« Et qu'a-t-il de si spécial ? » m'enquis-je alors.
« Il est aux graines ».
« Alors je me pose une question qui va sans doute vous paraitre incongrue. »
« Je ne sais pas, je n’ai pas compris la question »
« C’est parce qu’il n’y avait pas encore de question »
« Ah ok !!»
« Donc je me pose la question suivante : a 60 centimes les dix graines, n’auriez vous pas plutôt intérêt à ne vendre que des graines, quitte à ne plus du tout faire de pain qui de toutes façons est proprement dégueulasse ?» plaisantais-je alors parce que moi pour la déconne faut pas me pousser
« Ah ben oui mais à ce moment ce serait plus du pain aux graines » répondit-elle.
Force me fut d’admettre que la bougresse était dans le vrai, je réorientais donc la conversation :
« Parce que le web 2.0, il parait qu’il est mort »
« Oh ben c'est surtout pour les enfants que c'est dur ».
« ……… »
Ayant la vague impression que cette conversation risquait d’être assez éprouvante pour ma santé mentale et subséquemment pour sa santé physique, je décidais de quitter mon amie le prix nobel non sans avoir, au préalable, pris la peine d’uriner copieusement sur les viennoiseries, ceci afin de marquer mon territoire autant que mon profond mécontentement.
Je devais d’ailleurs passer chez un autre spécimen de mon village pour y récupérer mon véhicule déposé il y a quelques jours afin de le doter de pneumatiques flambants neufs. J’avais en effet tendance à perdre de l’adhérence dans certaines courbes attaquées de manière un peu virile et dieu sait si il en faut (de l’adhérence, suivez un peu !!!) pour choper ces cons de cyclistes sur les petites routes de campagne par temps humide (Aurais-je oublié de préciser que je déteste les cyclistes ? Pas vous ? Honnêtement vous trouvez ça sensé de se déguiser en pokémon pour faire du vélo ? Remarquez ça aide bien à les repérer dans le brouillard mais c’est un autre sujet).
Énergumène que j’appelle affectueusement, plutôt quand je suis assez loin de son garage, « l’autre gros con de fumier de malhonnête de garagiste» en raison du fait que lorsque je m’acquitte d’une de ses exorbitantes factures, j’ai toujours l’impression diffuse de lui racheter mon propre véhicule. Il est vrai que la dernière intervention requérait les compétences pointues d’un spécialiste en matière garagistique (c’est mon blog, j’invente des mots si je veux) puisqu’il s’agissait de changer une ampoule. Opération nécessitant, sur ces bijoux technologiques que sont les voitures modernes : la dépose complète du moteur, le démontage au chalumeau de l’aile correspondante, l’extraction du bloc optique et l’arrachage des fils de connexion à l’ampoule. Il ne reste plus qu’a en placer une neuve avant de tout ressouder.
3 jours de main d’œuvre : 2000€.
Je recevais donc la nouvelle note du monsieur et trouvant que les pneus avait vachement augmenté je lui faisait part de ma perplexité:
« Les pneus, ils ont pas augmenté ?.............. un peu ? ....................par hasard ? »
« Ah ben oui mais non, c'est parce que c'est des pneus spéciaux »
« Vous avez mis des graines ? »demandais-je alors dans un élan de déconnade incontrôlé.
« Ah non, j'ai mis des Michelin ».
« Ah !!! ….. et sinon vous la connaissez la boulangère du bout de la rue ? non ? …… parce que vous iriez bien avec. Pourquoi je dis ça ? Je sais pas,…. une intuition… » .
Il n’aura pas échappé à la sagacité proverbiale de mon aimable lectorat que je ne me permets pas les mêmes familiarités avec mon garagiste qu’avec ma boulangère. D’aucuns mettraient ça sur le compte d’une lâcheté exacerbée et ils auraient tord : j’ai toujours eu beaucoup plus de respect pour les grands bruns d’1m90 tenant une clef à molette que pour les grosses blondes d’1m60 tenant une baguette, fût-elle aux graines (la baguette, pas la boulangère), c’est aussi simple que ça.
« Et vous, le web 2.0, vous ne pensez quoi ? »
« Ben, je fais pas bien les bagnoles étrangères, moi, je suis surtout Renault »
« ….. »
A ce moment, ami geek, tu commences à douter de la pertinence de cet article et à te demander si par le plus grand des hasards tu ne te serais pas laissé fourvoyer sur un blog totalement inutile alléché que tu fus par un titre racoleur.
Que ne vas-tu penser là, ami geek, ceci n’est qu’une entrée en matière afin que chacun comprenne bien à quel point tout ce vocabulaire technique peut paraitre abscons au commun des mortels.
Tu vas voir, ami geek, la fin de l’article est infiniment plus intéressante que le début, ce qui, en soit, est déjà un petit exploit tant la première partie est riche en enseignements.
A la lumière de ces entretiens il faut bien admettre que ce qui me gêne le plus dans mes rapports, que je tente d’espacer de plus en plus, avec les commerçants du coin, c’est la barrière de la langue.
Laisse moi te narrer, ami geek, cette croustillante anecdote qui m’arriva il y a quelques jours.
Je caressais (calme toi régis) il n’y pas si longtemps le projet quelque peu insensé de changer ma VMC. Pour les plus benêts d’entre vous qui ne font pas la différence entre un tournevis et une râpe à fromage, la VMC est un gros ventilateur qui aspire l’air chaud qui sent mauvais de vos toilettes pour le remplacer par l’air sain mais gelé qui vient de dehors. Ainsi vous avez une maison qui sent bon mais dans laquelle vous vous gelez les meules. Bon, évidemment, si vous habitez à coté d’un élevage de porcs ou d’une déchèterie, la pertinence de maintenir en fonctionnement un appareil qui aspire en permanence l’air extérieur (donc gelé ET qui daube) peut éventuellement se discuter mais vous le faites chez vous en famille et vous êtes gentils de ne pas venir me faire chier avec vos problèmes personnels, est-ce que je vous emmerde avec les miens moi ? Ah ben oui, tiens. Peu importe.
Je me présentais donc dans un magasin dont la réputation de spécialiste du bricolage tient essentiellement au fait qu’il ne vend QUE des articles de bricolage (il vendrait des articles de sports, on peut raisonnablement penser qu’il s’autoproclamerait alors spécialiste du sport, ce qui n'étonnerait d'ailleurs probablement pas la plupart des employés qui, étant assez pointus dans leur domaine sont déjà intimement persuadés de travailler dans un décathlon
) et me dirigeais le sourire aux lèvres et la goutte au nez (il pèle chez nous en ce moment, et chez vous ça va ?) vers la fort accorte vendeuse fraichement repeinte au rouleau faisant ainsi quasiment office de catalogue pour le rayon peinture en gros.
J’engageais ainsi la conversation :
« Bonjour chère madame la vendeuse, j’aurais aimé savoir si votre humble échoppe faisait le commerce de ce merveilleux appareil répondant au doux nom de VMC ».
« excusez moi je n’ai pas compris ».
« Vendez vous des VMC ?»
« Hummm, vous recherchez quoi exactement ? »
« Eh bien, ma foi, une VMC »
« Ah ben alors on va pas avoir ».
« Dois-je comprendre que vous n’en aurez pas dans un futur relativement proche mais que pour l’instant vous en avez en stock ? ».
«Euh non, ce que vous dois-je comprendre c’est qu’on va pas en avoir maintenant ».
« Vous n’allez pas en avoir maintenant. Excusez mon impertinence mais seriez-vous d’accord si je disais que vous m’avez l’air d’être fâchée avec la concordance des temps ? »
« C’est-à-dire ? »
Encore une qui doit pas être sujette aux migraines le soir après le boulot.
Bon je crois que c'est pas aujourd'hui qu'on aura la réponse à notre épineuse question.
Ami geek, tu devras attendre le prochain billet pour satisfaire ta curiosité ou aller sur le site du canard pour comprendre un peu le web 2.0 
Commentaires
Mort de rire...
(Dis donc tu ferais pas des phrases de 3 km de long des fois
Je suis arrivé ici par hasard en recherchant quelques infos techniques informatiques. Et là, c'est le drame ! Article qui tient en haleine, sans aucun contenu techniquement intéressant à l'intérieur. Cependant, une verve créative relativement comique, faisant de ton blog un nouvel arrivant dans mon aggrégateur de flux RSS.
Bonne continuation sur la blogosphère ! Un ami geek.
PS : Je me permets de twitter l'adresse de ce blog, histoire de le diffuser un peu plus. ^^
Merci d'avoir tiré ce blog de sa léthargie.
Ta façon d'écrire est vraiment fun, dommage que t'écrives pas plus ! Courage.
Je suis tombé sur ton blog également par hasard. Très drôle ! Continue par pitié ...
Merci de vos encouragements.
Ca va réouvrir prochainement.
Très sympa à lire bien que l'article soit assez long, continus !
J'adore tes articles, à quand les nouveaux ? N'abandonne pas !